mercredi 9 novembre 2011

*Intervention de Monsieur Alain JUPPÉ Ministre d’État Ministre des affaires étrangères et européennes A la réception offerte à l’occasion de la 36e Conférence générale de l’UNESCO*

Intervention de Monsieur Alain JUPPÉ Ministre d’État Ministre des affaires étrangères et européennes A la réception offerte à l’occasion de la 36e Conférence générale de l’UNESCO Palais des affaires étrangères - 9 novembre 2011

"Madame la présidente de la Conférence générale, Madame la Directrice Générale, Mesdames, Messieurs les Ministres, Mesdames, Messieurs les Parlementaires, Mesdames, Messieurs les Ambassadeurs, Mesdames, Messieurs
Je suis très heureux de vous accueillir ce soir, à l’occasion de la 36e conférence générale de l’UNESCO. Tous les deux ans, cette conférence nous permet de réaffirmer notre attachement commun à la protection, à la transmission et au partage du savoir et de la culture.
Cet attachement est particulièrement fort, ici, à Paris, où le Palais de l’UNESCO contribue au rayonnement de la capitale et symbolise aux yeux des Parisiens comme de l’ensemble des Français la détermination de la France à porter dans le monde son message humaniste. Il est également le symbole des liens étroits entre diplomatie et culture, le symbole de la conviction profonde qui est la nôtre que notre politique culturelle extérieure est un atout majeur au service de nos objectifs et des valeurs que nous défendons sur la scène internationale : la paix, les droits de l’Homme, le développement, la solidarité entre les peuples. C’est cette conviction qui nous a guidés au sommet du G8, à Deauville, où la Présidence française a souhaité donner toute sa place aux enjeux liés à Internet. J’aurai l’occasion de la réaffirmer le 13 décembre prochain dans le cadre du colloque sur la diplomatie culturelle que nous organisons à l’initiative de Xavier DARCOS.
Permettez-moi d’abord de remercier l’ensemble des ministres et des chefs de délégations venus de tous les continents pour participer à cette conférence générale. A travers leur présence, ils incarnent le caractère universel de l’UNESCO, la force vive de notre organisation.
Je voudrais également vous rendre hommage, Madame la Directrice générale, pour votre engagement et votre détermination.
Depuis votre élection, lors de la dernière conférence générale, l’UNESCO a effectué un travail remarquable au service du droit à l’éducation, de l’égalité des chances, de la diversité culturelle, du développement durable et de la solidarité. Je pense à l’adoption d’une recommandation sur les paysages urbains historiques, à la convocation de la première réunion des Etats parties à la convention de 1970 contre les trafics illicites de biens culturels, à la célébration du 10e anniversaire de la déclaration universelle de l’UNESCO sur la diversité culturelle.
Sous votre autorité, l’organisation a engagé une réforme en profondeur et su refondre ses programmes. Elle a mieux adapté son agenda au calendrier international et mieux coordonné son action avec celle des autres acteurs du système onusien. A Cannes, le sommet du G20 l’a souligné : c’est une nécessité dans un monde qui change de plus en plus vite et qui nous lance des défis sans cesse renouvelés.
Votre engagement et votre détermination seront plus nécessaires que jamais dans les semaines et les mois à venir.
Nous le savons tous, l’UNESCO va traverser une période difficile, du fait de l’interruption annoncée des financements américain et israélien à la suite de l’admission de la Palestine comme 195e membre. Naturellement, nous souhaitons que les Etats-Unis trouvent les moyens de continuer à contribuer aux programmes de l’UNESCO, auxquels ils sont attachés. Nous appelons également Israël à revenir sur sa décision de geler le versement de sa quote-part.
Dans cette période délicate, la France se tient aux côtés de l’UNESCO et à vos côtés, Madame la Directrice générale. Ne nous voilons pas la face : des ajustements et des réformes structurelles seront nécessaires. Ce ne sera pas facile, et vous avez toute notre confiance pour les mener à bien. En ce qui nous concerne, les contraintes budgétaires auxquelles nous sommes soumis nous laissent peu de marges de manœuvre. Mais nous examinerons avec tous nos partenaires, notamment européens et du Golfe, les voies et les moyens de soutenir l’organisation pour qu’elle continue à remplir sa mission.
Plus que jamais, le monde a besoin de l’UNESCO, de son message de paix, de ses programmes de développement en faveur de l’éducation, de la science et de la culture. C’est l’esprit de la mondialisation qui est ici en jeu, pour que la libre circulation des biens et des services s’accompagne d’un égal progrès de la diffusion des valeurs intellectuelles et spirituelles.
Parmi les priorités qui doivent nous retenir, je voudrais ce soir en citer trois.
L’éducation et la formation professionnelle, d’abord, qui doivent être accessibles à tous, et en particulier à la jeunesse des pays qui accèdent à la démocratie - c’est l’une des clés du succès - ou de l’échec - du « printemps arabe ».
La société de l’information, ensuite. Dans des sociétés de plus en plus connectées, les besoins sont croissants, qu’il s’agisse de l’accès aux technologies de l’information, du respect de la liberté d’expression, de la vie privée et des autres droits de l’Homme en ligne, ou du développement de contenus culturellement et linguistiquement diversifiés dans le respect des droits de propriété intellectuelle. La mission de l’UNESCO est de permettre à chacun de trouver sa place dans les nouvelles sociétés du savoir en construction.
Enfin, troisième priorité, et non des moindres : la diversité des expressions culturelles, qui passe notamment par le respect du multilinguisme. Je sais, Madame la Directrice générale, la vigilance dont vous faites preuve dans ce domaine. Vous connaissez notre attachement à ce que soit préservée la place du français comme langue de travail au quotidien.
Mesdames, Messieurs,
La France vient d’être réélue au Conseil exécutif de l’UNESCO pour quatre ans. Je remercie les Etats ici représentés pour cette marque de confiance.
Soyez assurés de la détermination constante de la France à soutenir l’organisation. C’est pour manifester cet engagement que nous avons choisi de nommer notre ambassadeur à Malte, Monsieur Daniel RONDEAU, comme ambassadeur auprès de l’UNESCO. Cet écrivain de talent, cet homme engagé, dont l’œuvre est connue et traduite dans plusieurs pays du monde, saura mieux que personne donner un élan nouveau à notre collaboration avec l’organisation. Nous comptons sur lui pour y témoigner de la vitalité de la culture française, nouer les liens les plus étroits avec vos pays et vos délégations et nourrir notre travail commun, pour que nous portions ensemble les valeurs de l’esprit et du cœur qui sont celles de l’UNESCO.
Je vous remercie./. »

Bien à vous,

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