mardi 4 mai 2010

*Réseau Africain des Promoteurs et Entrepreneurs Culturels...*


***COMPTE RENDU DE LA REUNION DE BILAN ET PROPOSITIONS A LA SUITE DES TROIS PREMIERS FORUMS SUR « LA CULTURE, LEVIER DU DEVELOPPEMENT EN AFRIQUE »

ORGANISÉS PAR LE RAPEC AVEC L’APPUI DE L’UNESCO
UNESCO, salle XIV 22 janvier 2010, de 11 à 17 heures

Cette réunion avait été conviée par le Secteur de la culture de l’UNESCO, Division des expressions culturelle et des industries créatives, Section des industries créatives pour le développement, afin de faire le point à mi-parcours de la coopération engagée avec le Réseau Africain des Promoteurs et Entrepreneurs Culturels (RAPEC), en prélude à la convocation par le RAPEC d’un Sommet des entrepreneurs culturels africains, courant 2011, dont les recommandations seront principalement adressées à l’Union Africaine.

La séance a été ouverte par Mme Françoise Rivière, Sous-Directrice générale de l’UNESCO pour la culture et M. John Dossavi, Président du RAPEC, en présence du Représentant de l’Union Africaine auprès de l’Union Européenne, Son Exc. Mahamat Saleh Annadif, venu exprès de Bruxelles pour la matinée.

Il a été rappelé que le travail accompli en quatorze mois avait pris la forme de trois forums : le premier au Siège de l’UNESCO, le 16 décembre 2008, le deuxième à Cotonou, Bénin, le 16 avril 2009, avec le concours du Bureau cluster d’Accra et le troisième à Marrakech, Maroc, le 17 décembre 2009, avec la participation du Bureau cluster de Rabat. Ces trois échanges avaient un ordre du jour similaire mais s’adressaient à des publics complémentaires. Ainsi, le premier était-il particulièrement destiné à recueillir les vues de la diaspora africaine, tandis que le deuxième et le troisième se sont déroulés sur le sol africain, respectivement au Sud et au Nord du Sahara. Le forum de Marrakech a bénéficié du contexte d’AFRICACITÉS 5, organisé par la branche africaine de l’ONG Cités unies et gouvernements locaux (CGLUA).

Mme Françoise Rivière, après avoir commenté la problématique des rapports entre culture et développement dont l’importance est de plus en plus reconnue, a signalé que, depuis le démarrage de la coopération entre l’UNESCO et le RAPEC, en 2008, les directives opérationnelles de la Convention de l’UNESCO sur la protection et la promotion de la diversité culturelle (2005) avaient été adoptées et elle a ajouté que le lancement du Fonds international pour la diversité culturelle aurait lieu en mars 2010.

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A propos de la mission du RAPEC, dont l’avantage est d’être un réseau ouvert, Mme Rivière a posé quelques questions-clés :
1. Comment peut-il contribuer à une meilleure articulation de l’action du secteur public avec celle du secteur privé ? Il y a un manque de lieux structurants. Peut-être faudrait-il se tourner davantage vers les collectivités locales ? La coopération avec la CGLUA est certainement une chance à saisir.
2. Comment peut-il amener la diaspora à jouer un rôle plus important ? Il faut trouver les modalités adéquates pour la mobiliser.
3. Comment s’ouvrir davantage aux milieux professionnels de l’entreprise culturelle ? Il faut coopérer avec d’autres structures.

La Sous-Directrice générale de l’UNESCO pour la culture est persuadée que le RAPEC, qui touche un public fortement concerné, est bien placé pour contribuer à la réponse à ces questions. Il importerait certainement qu’il centre son action autour de ces trois thèmes. L’UNESCO continuera de lui apporter son soutien à cette fin.

M. John Dossavi a, lui aussi, souligné l’importance de consolider le partenariat et la synergie entre l’ensemble des entrepreneurs culturels africains et mis en exergue la fonction médiatrice que se reconnaît le RAPEC en se voulant le porte-voix des peuples africains mais aussi le canal de transmission des résolutions, recommandations des institutions culturelles et des gouvernements vers la société civile. Il y a nécessité de convaincre les pouvoirs publics en Afrique de reconnaître la culture et ses différentes expressions comme levier de développement durable et de ne plus négliger son potentiel économique. Le rôle dévolu à la société civile à côté des pouvoirs publics et du secteur privé est devenu essentiel.
M. Dossavi a aussi fortement remercié l’UNESCO pour son appui qui a largement favorisé la reconnaissance internationale du RAPEC.

Les rapporteurs des trois forums, M. Francisco d’Almeida (forum à l’UNESCO), M. Eustache Roger Koffi Adanhounme (forum à Cotonou) et M. Raymond Weber (forum à Marrakech) ont présenté les débats et les conclusions de ces rencontres qui avaient déjà fait l’objet de rapports écrits. Ils ont surtout dégagé les convergences et fait écho aux propos de Mme Rivière et à ceux de M. Dossavi sur les lieux et aussi les mesures structurantes, la coopération public-privé, le rôle de la diaspora. Un élément qui a particulièrement été traité à Marrakech est celui de la relation entre marchés globaux et marchés locaux, l’un des défis étant de trouver un langage qui parle de manière efficace aux gens de la culture et aux gens de l’économie.

M. d’Almeida a souligné que le RAPEC avait su mobiliser les entrepreneurs culturels actifs autour de lui et faire des constats généraux, notamment en saisissant la nécessité d’articuler l’action du secteur public avec celle du secteur privé et des collectivités locales. Il a dit son souhait de voir le RAPEC œuvrer aussi à la structuration de la diaspora afin d’être plus efficace.

M. Adanhounme est revenu sur la contribution au développement de la culture africaine non pas dans sa conception réduite aux beaux arts mais dans son acception de mode de pensée, d’agir, de croire. Il a insisté sur la nécessité d’un volontarisme des Etats africains en matière culturelle qui puisse se traduire par des actions concrètes. Actuellement, ce sont plutôt des initiatives privées qui prédominent. Le rôle de la diaspora a été encore relevé et les modalités de son intervention évoquées, tout comme la place des médias et la nécessité des produits et services de qualité pour conquérir les marchés internationaux.
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M. Weber a insisté sur la définition large de la culture commefacteur de développement social et humain, facteur de développement économique et de développement durable. Il faut, a-t-il dit, continuer l’analyse tout en étant d’accord sur les diagnostics, agir sur les forces et les faiblesses, prendre des mesures structurantes, mettre un accent particulier sur la formation, créer des échanges entre la société civile et les décideurs pour susciter de nouvelles dynamiques, accorder une place aux collectivités territoriales dans la promotion de la culture comme facteur de développement vu leur proximité avec les populations et développer les partenariats avec les institutions internationales telles que l’UNESCO, l’Union Africaine, l’Union Européenne, la CEDEAO, trouver des liaisons entre marchés locaux, régionaux et internationaux et enfin développer des stratégies qui convainquent les élus locaux et les décideurs.

M. Dossavi a rappelé que les prochaines étapes seraient un forum dans un pays de l’Afrique anglophone et un autre dans un pays de l’Afrique lusophone1, avant d’atteindre le Sommet final dont le lieu n’a pas encore été fixé mais qui, sur la suggestion de Mme Rivière, pourrait constituer un événement dans le cadre de « 2011 Année internationale des Nations Unies des personnes d'ascendance africaine ».

Le représentant de l’Union Africaine, Son Exc. Mahamat Saleh Annadif, a insisté sur l’importance de la démarche entreprise et précisé qu’il était réellement temps de prendre au sérieux le rôle de la culture comme levier du développement, formulation heureusement choisie par l’UNESCO et le RAPEC. Depuis 2007, le volet culturel figure dans le partenariat Union Africaine–Union Européenne. L’Union Africaine va aider le RAPEC dans ses missions de porteur de flambeau des promoteurs culturels africains.
Son Exc. Mahamat Saleh Annadif s’est engagé à rapporter à l’Union Africaine, la richesse des réflexions et propositions entendues.

UNESCO

Bien à vous,

Morgane BRAVO

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