mardi 28 décembre 2010

*Irina Bokova reçoit le prix Doha Capitale Culturelle Arabe*

Lors de la cérémonie de remise de prix organisée à l’Ambassade du Qatar à Paris le 16 Décembre 2010, la Directrice générale de l’UNESCO a rappelé le rôle de la culture à la fois comme facteur de paix et de rapprochement, mais également comme instrument stratégique de développement.

 « Notre vision du patrimoine ne se limite pas à célébrer la valeur universelle de sites exceptionnels. Les sites transfrontaliers, situés au croisement de plusieurs cultures, les ouvrages immenses comme le Chemin Inca ou les Routes de la soie sont des passerelles tangibles et symboliques entre les peuples ».

« Doha porte haut son message d’une culture vivante, d’une culture mise au service du développement et de la paix, nourrie par l’histoire des grandes villes comme Bagdad, Damas ou Grenade » a-t-elle ajouté.
Le programme des villes culturelles arabes est une initiative lancée en 1995 par l’UNESCO en vue de célébrer la culture arabe, d’en favoriser la connaissance et d’encourager la coopération internationale des pays de cette région. Après Karthoum, Damas ou Alger, Doha était cette année mise à l’honneur.
La Directrice générale s’est vue décerné ce prix avec Dominique Baudis, Directeur de l’Institut du Monde Arabe, en reconnaissance de sa contribution à la compréhension mutuelle entre les peuples, en qualité de Directrice générale de l’UNESCO, l’année Internationale du rapprochement des cultures.


Bien à vous,
Morgane BRAVO

*Message de la Directrice générale de l'UNESCO : 2011, Année internationale de la chimie !*

2010, Année internationale de la biodiversité, s’achève… Bonne Année 2011, Année internationale de la chimie !

Message de la Directrice générale de l'UNESCO, Irina Bokova

Cette succession des Années internationales est à elle seule un signe fort du rôle essentiel de la science dans la compréhension de notre environnement, pour le développement et la paix. Elle témoigne d’une volonté de la communauté internationale d’investir massivement sur ces sujets. Elle montre enfin le rôle moteur de l’UNESCO dans ce processus, comme seule Agence des Nations Unies spécialisée dans le domaine des sciences.
L’UNESCO s’est mobilisé tout au long de l’année en organisant des conférences, des expositions itinérantes, en mettant la biodiversité au cœur de ses programmes, non seulement dans le domaine des sciences, mais aussi de la culture, en mettant en évidence les liens étroits entre diversité culturelle et biodiversité. Ces efforts ont fortement contribué aux résultats de la 10e Conférence des Parties à la Convention sur la diversité biologique (COP10) qui s’est tenue à Nagoya, au Japon, en octobre 2010. Un nouveau plan stratégique de 10 ans y a été adopté, ainsi qu’un nouveau protocole international sur l’accès aux ressources génétiques et leur partage équitable.
Bien évidemment, les actions menées dans le cadre de ces « années internationales » posent des jalons pour le long terme, et dépassent de très loin les bornes fixées par le calendrier. Lors de sa 185e session, en octobre 2010, le conseil exécutif de l’UNESCO a décidé de lancer un programme ambitieux sur la biodiversité, en particulier via le renforcement du Programme sur l’Homme et la biosphère (MAB) afin d’encourager la recherche et la conservation de la biodiversité dans les 564 réserves de biosphère présentes dans 109 pays à travers le monde. La biodiversité est, si l’on peut dire, notre première ressource naturelle, la plus fondamentale entre toutes. Elle soutient quantité de processus que nous considérons le plus souvent comme acquis, tels que la qualité de l’air, la régulation climatique, la purification de l’eau, la lutte contre les parasites et les maladies, la pollinisation et la prévention des érosions. Le bien-être – et la survie – des humains est difficilement concevable sans une biodiversité florissante. Notre engagement collectif au service de la biodiversité doit se poursuivre.

En 2011, l’année internationale de la chimie doit servir de tremplin à notre ambition dans le domaine des sciences, qui est grande. La Chimie est omniprésente dans notre vie quotidienne, dans les aliments que nous mangeons, les vêtements que nous portons, l’énergie que nous utilisons. Comme la biodiversité, la chimie fait partie de cet « environnement silencieux », souvent méconnu, que nous devons mieux connaître, pour mieux nous orienter.
 
A l’initiative de l’Éthiopie, les Nations Unies ont déclaré 2011 Année internationale de la chimie (AIC 2011) et confié son organisation à l’UNESCO. Ce sera l’occasion de redoubler d’efforts dans les domaines qui sont les nôtres : la coopération et la diplomatie scientifiques, le renforcement des capacités de recherche des États, l’éducation scientifique de qualité pour tous. Célébrée l’année du centenaire de l’attribution du prix Nobel de chimie à Marie Curie, 2011 offre un cadre idéal pour rendre hommage et promouvoir la contribution des femmes à la science.
La science en général, et la chimie en particulier, sont des instruments de développement. Ce sont aussi des instruments de paix.
Il est capital de mieux les connaître.
Il est essentiel de réfléchir ensemble à l’usage que nous en faisons.
Comment, par exemple, construire une chimie verte, au service du développement durable ? Il est certain que les découvertes de la chimie peuvent nous aider à relever les défis du changement climatique mondial, à mettre au point des énergies de substitution. La chimie peut aussi faciliter l’accès à des sources d’eau non polluée, un enjeu qui représente, à bien des égards, l’avenir de la stabilité mondiale. La célébration de l’Année internationale de la chimie doit se lire dans le cadre de la Décennie des Nations Unies pour l’éducation en vue du développement durable (2005-2014).
Comment faire de la chimie une science réellement partagée ? Il faut améliorer et accélérer son enseignement, former aujourd’hui les chimistes de demain et donner à tous, la possibilité de comprendre les processus chimiques et d’en mesurer l’impact. La construction de sociétés du savoir commence par là, et nous devons donner à chacun, fille ou garçon, les moyens réels d’en être partie prenante.

C’est le vœu que je forme pour 2011. Cette année encore, par de multiples conférences, le lancement d’une expérience mondiale auprès des écoles sur le thème de l’eau, un accent particulier mis dans ses programmes, l’UNESCO s’emploiera à faire de ce vœu une réalité.

Bien à vous,
Morgane BRAVO

lundi 27 décembre 2010

*L’Organisation internationale de la Francophonie*

Forte d’une population de plus de 890 millions d’habitants et de 220 millions de locuteurs de français de par le monde, l’Organisation internationale de la Francophonie (OIF) a pour mission de donner corps à une solidarité active entre les 75 États et gouvernements qui la composent (56 membres et 19 observateurs) - soit plus du tiers des États membres des Nations unies.
L’Organisation internationale de la Francophonie (OIF) a pour mission de donner corps à une solidarité active entre les 75 États et gouvernements qui la composent (56 membres et 19 observateurs). Une communauté de destin consciente des liens et du potentiel qui procèdent du partage d’une langue, le français, et des valeurs universelles.
L’OIF a pour objectif de contribuer à améliorer le niveau de vie de ses populations en les aidant à devenir les acteurs de leur propre développement. Elle apporte à ses États membres un appui dans l’élaboration ou la consolidation de leurs politiques et mène des actions de politique internationale et de coopération multilatérale, conformément aux 4 grandes missions tracées par le Sommet de la Francophonie :
  • Promouvoir la langue française et la diversité culturelle et linguistique
  • Promouvoir la paix, la démocratie et les droits de l’Homme
  • Appuyer l’éducation, la formation, l’enseignement supérieur et la recherche
  • Développer la coopération au service du développement durable.
Une attention particulière est portée aux jeunes et aux femmes ainsi qu’à l’accès aux technologies de l’information et de la communication dans l’ensemble des actions de l’OIF.
L’Organisation internationale de la Francophonie (OIF) est une personne morale de droit international public et possède une personnalité juridique, dont le siège est à Paris (France). Elle a été créée par la Convention de Niamey du 20 mars 1970 sous l’appellation d’"Agence de coopération culturelle et technique" (ACCT).

Au sein de l’OIF

Le Secrétaire général de la Francophonie est le plus haut responsable de l’OIF. Abdou Diouf a été élu à ce poste par le Sommet de la Francophonie en 2002 à Beyrouth (Liban), puis réélu en 2006 par le Sommet de Bucarest (Roumanie). Un troisième mandat de trois ans lui a été confié en 2010 par les Chefs d’État et de gouvernement réunis au Sommet de Montreux (Suisse).
Le Secrétaire général nomme un Administrateur chargé d’exécuter et de gérer la coopération. Clément Duhaime occupe cette fonction depuis 2006.
L’OIF est placée sous l’autorité de 3 instances politiques : Le Sommet, l’instance suprême de la Francophonie qui se réunit tous les deux ans, la Conférence ministérielle de la Francophonie (CMF) et le Conseil permanent de la Francophonie (CPF).
Elle dispose de quatre représentations permanentes : à Addis-Abeba, auprès de l’Union Africaine et de la Commission économique de l’Afrique de l’ONU, à Bruxelles, auprès de l’Union européenne, à New York et à Genève, auprès des Nations unies ; de 3 bureaux régionaux : à Lomé (Togo) pour l’Afrique de l’Ouest, à Libreville (Gabon) pour l’Afrique centrale et l’océan Indien, à Hanoï (Vietnam) pour la zone Asie-Pacifique ; de 2 antennes régionales : à Bucarest (Roumanie) pour l’Europe centrale et orientale et à Port-au-Prince (Haïti) pour la Caraïbe.
En 2009, le budget de l’OIF s’élevait à 89,233 millions d’euros, dont 67,3% alloués aux actions concrètes de l’OIF. Les recettes sont principalement constituées par des contributions statutaires et par d’autres, volontaires, qui abondent le Fonds multilatéral unique (FMU), l’outil par lequel la Francophonie finance ses actions de coopération.
L’OIF, ce sont aussi des femmes et des hommes : plus de 300 employés travaillant à pied d’œuvre au siège, à Paris, ou dans les unités hors-siège.

Aux côtés de l’OIF

L’OIF agit en synergie avec l’Assemblée parlementaire de la Francophonie (APF), les quatre opérateurs spécialisés des Sommets que sont l’Agence universitaire de la Francophonie (AUF), TV5, l’Association internationale des maires francophones (AIMF), l’Université Senghor d’Alexandrie ; ainsi qu’avec les deux Conférences ministérielles permanentes : la Conférence des ministres de l’Education nationale (Confémen) et la Conférence des ministres de la Jeunesse et des Sports (Conféjes).
Elle s’appuie, toujours davantage, sur les organisations de la société civile. Le Secrétaire général de la Francophonie convoque tous les deux ans une Conférence francophone des organisations internationales non gouvernementales (OING). En 2009, on compte 63 OING et autres organismes de la société civile accrédités auprès des instances de la Francophonie. Elles sont consultées et associées dans la mise en œuvre de certains programmes de l’OIF.
L’OIF a conclu des accords de coopération avec de nombreuses organisations internationales ou régionales (Nations unies, Union européenne, Union africaine, etc.).

Bien à vous,
Morgane BRAVO

jeudi 23 décembre 2010

mardi 21 décembre 2010

*Interview de Florenço Mendes Varela, lauréat du Prix d'alphabétisation UNESCO Roi Sejong *



Bien à vous,
Morgane BRAVO

*Message de Madame Irina Bokova : à l'occasion de la Journée internationale de l'alphabétisation*



Bien à vous,
Morgane BRAVO

*Vision pour l’UNESCO : Irina Bokova*


Vision pour l’UNESCO
L’UNESCO dans le monde globalisé : un nouvel humanisme pour le XXIe siècle

Cette année est marquée par des défis qui affectent l’humanité comme jamais auparavant. Alors que la mondialisation a permis à des millions de personnes de sortir de la pauvreté, la crise globale sans précédent – économique, financière, sociale, alimentaire, environnementale, mais aussi morale et éthique, menace la réalisation de l’agenda le plus important du multilatéralisme actuel – les Objectifs du Millénaire pour le développement, et touche les pays les plus vulnérables, surtout en Afrique. Cette crise nous impose l’impératif d’agir d’urgence.


Pendant ces neuf derniers mois j’ai visité 45 pays, j’ai parlé avec des chefs d’Etat et de gouvernement, des ministres, des intellectuels, des scientifiques et des artistes. J’ai visité des dizaines de Commissions nationales, ainsi que des bureaux de l’UNESCO à Abuja, Bangkok, Islamabad, Kingston, Nouvelle Delhi et Santiago de Chile.


Ma conviction que la gouvernance globale du XXIe siècle représente le défi le plus grand du monde actuel s’est confirmée. En surmontant la crise, nous ne devrions pas retourner au statu quo ante. Le vrai challenge est de conduire le monde dans une nouvelle ère de paix et d’humanisme, de créer des sociétés plus inclusives, plus justes et plus équitables grâce à un développement économique et social durable basé sur le savoir, la science et l’innovation, destinés à servir l’humanité tout en préservant l’environnement.


Nous devons renforcer le multilatéralisme, revigorer les Nations Unies afin de rendre plus cohérents et plus performants les efforts visant le développement des plus vulnérables et des plus affectés par la crise. Je suis convaincue plus que jamais que tout en respectant sa vocation universelle, l’UNESCO doit continuer à accorder sa priorité à l’Afrique, notamment en matière d’éducation et aux petits Etats insulaires en développement.
Transformer le défi en opportunité

Le grand défi est de transformer la crise en une opportunité et de créer un monde plus démocratique et plus humain, où les valeurs de dignité humaine, de droits de l’homme et d’égalité des chances d’accès à l’éducation et à l’information, soutiendront toute considération économique et politique.
L’UNESCO doit participer au débat sur la gouvernance globale car ses domaines de compétence sont au cœur de la mondialisation. Avec ses 193 Etats membres et ses six membres associés, elle est aujourd’hui plus démocratique, universelle et ouverte à la coopération avec la société civile.
Le mandat constitutionnel de l’UNESCO reste pertinent au XXIe siècle, où l’édification des sociétés du savoir est un impératif ; où la culture est un élément crucial pour tout débat sur le développement ; où la science et l’innovation marquent la nouvelle ère de l’avenir de l’humanité dans tous les domaines sociaux et environnementaux, comme l’eau et le changement climatique; où nous devons mieux comprendre les transformations profondes de nos sociétés ; et enfin où le dialogue, la tolérance et le respect de la diversité représentent une valeur humaniste qui mérite d’être nourrie.
L’UNESCO possède un outil unique pour la mobilisation de l’opinion publique et des communautés intellectuelles et académiques autour de ses politiques – les Commissions nationales. Avec ses centaines, voire milliers de membres dévoués dans le monde, véritables garants de l’esprit et des valeurs de l’Organisation, elles méritent un renforcement et un soutien sans réserve.
L’éducation – le chemin à parcourir

L’UNESCO doit réaffirmer le rôle central de l’éducation dans le développement. En tant que chef de file des Nations Unies l’UNESCO doit préconiser une coordination cohérente dans la bonne gouvernance, la qualité de l’enseignement, le financement de l’éducation et la réduction des disparités basées sur le sexe ou les revenus. Nous devons aspirer à une éducation inclusive et de qualité aux niveaux primaire, secondaire et supérieur.

Afin d’atteindre l’objectif le plus important – l’enseignement primaire universel, un engagement résolu en faveur de l’EPT est indispensable, en mettant l’accent sur la qualité. Jomtien, Dakar et Oslo proposent une vision globale et des mesures concrètes pour atteindre ces objectifs.

Je ferai appel aux gouvernements pour une allocation appropriée de ressources nationales à l’éducation et aux partenaires à respecter les engagements pris et à assurer le flux de ressources adéquates sur le plan bilatéral et multilatéral, conformément à la Déclaration de Doha.

Dans les pays qui ont progressé vers l’EPT, l’UNESCO doit viser les exclus de l’éducation, en particulier les filles et les femmes. Il faut explorer toutes les possibilités de coopération Sud-Sud dans le domaine de l’éducation, y compris l’échange de bonnes pratiques, et j’encouragerai tout effort dans ce sens.
L’enseignement technique et professionnel peut contribuer à alléger la pauvreté et à promouvoir la croissance économique.

Je suis persuadée que l’éducation pour le développement durable, basée sur l’interdépendance de l’environnement, l’économie, la société et la diversité culturelle, est la clé pour un monde plus juste et plus prospère du XXIe siècle.
La science et la technologie au service de l’humanité

Ma conviction est que la science doit occuper une vraie place prioritaire. L’UNESCO doit devenir le leader et le mobilisateur des gouvernements, des institutions spécialisées et de la communauté scientifique dans le domaine de la science, de l’innovation et des nouvelles technologies, y compris des technologies vertes, sous le slogan « La science et la technologie au service de l’humanité ».

Le changement climatique, la biodiversité, la mitigation de catastrophes naturelles, la gestion de l’eau, l’énergie et les pandémies sont les nouveaux défis de la science, qui doivent être prioritaires dans les programmes de l’UNESCO, tout en incorporant la dimension éthique. Je fais miennes les recommandations du Comité d’examen d’ensemble des Grands Programmes II et III faites en 2006 et je m’emploierai à les promouvoir.

L’UNESCO doit accompagner les politiques nationales pour mieux intégrer la science, la recherche et l’enseignement scientifique.
Et pour donner plus de visibilité et promouvoir la science comme priorité, je proposerai la création d’un Comité scientifique consultatif composé d’éminentes personnalités comme des Prix Nobel et de lauréats de Prix UNESCO.
La culture : tolérance, compréhension mutuelle et développement

L’image de l’UNESCO est étroitement associée à la culture et au patrimoine culturel, où son mandat est unique et bien visible. La protection du patrimoine – matériel et immatériel, et la promotion de la diversité culturelle, sont les outils les plus efficaces permettant à l’UNESCO de conférer un caractère plus humaniste et démocratique face à la mondialisation.

Je regrette que la culture ne figure pas parmi les OMD et je relancerai le débat sur la culture et le développement, parce que la culture doit accompagner tout effort au développement.

De même, la culture et l’éducation sont les meilleurs moyens pour promouvoir la paix, particulièrement dans des situations post-conflit, la tolérance, le respect des droits de l’homme et la dignité de l’autre. L’UNESCO doit s’adresser de façon proactive à des initiatives qui poursuivent les mêmes nobles objectifs telle l’Alliance des civilisations.
Communication et Information

La liberté d’expression, les medias indépendants et pluralistes, la libre circulation des idées et l’accès à l’information et au savoir à travers les nouvelles technologies sont les conditions essentielles pour assurer la transparence, la responsabilisation et la bonne gouvernance.

L’UNESCO doit continuer à promouvoir des projets phares telles la Mémoire du Monde et la Bibliothèque numérique mondiale qui permet l’accès libre et gratuit sur Internet à des ressources culturelles des bibliothèques et des archives du monde entier.

L’UNESCO doit s’investir davantage dans les dimensions éthiques, juridiques et socioculturelles de la Société de l’Information en soulignant également les opportunités que les technologies de l’information et de la communication offrent à tout individu.
Enfin, je souhaiterais voir une collaboration plus étroite s’établir entre le Secteur CI et BPI en vue d’optimiser la visibilité de l’Organisation.
L’UNESCO et « Unis dans l’action »

Un des grands défis de l’UNESCO concerne son intégration dans « Unis dans l’action ». Je salue les efforts du Secrétaire général des Nations Unies, M. Ban Ki-moon, visant à réorganiser et à rendre les activités des agences, fonds et programmes chargés du développement plus cohérentes. Je suis convaincue que l’UNESCO, tout en décentralisant ses activités opérationnelles, doit y participer activement.

L’UNESCO n’a pas d’alternative à cette intégration. Je considère également qu’un débat approfondi sur le sujet au sein de l’UNESCO serait souhaitable. J’encouragerai un tel débat pour élaborer une vision stratégique permettant de promouvoir nos objectifs d’une manière convaincante.
Voilà un exemple, parmi tant d’autres, qui illustre la nécessité impérative d’une synergie entre le Directeur général et les Etats membres.
Budget, gestion et administration

Dans mon activité future, je serai guidée par les principes suivants :

* Transparence, responsabilisation et approche axées sur les résultats
* Meilleure coordination intersectorielle et approche interdisciplinaire
* Meilleure gestion des ressources humaines, mobilité et rotation du personnel, en encourageant l’esprit d’initiative
* Promotion des femmes à des positions supérieures
* Répartition géographique plus équitable au sein du Secrétariat, des experts et des consultants

Afin d’atteindre ces buts, j’envisage le suivant :

* Optimisation de la gestion supérieure de l’UNESCO
* Renforcement de la présence de l’UNESCO sur le terrain
* Mise en œuvre des recommandations du Commissaire aux comptes
* Renforcement du Service d’évaluation et d’audit
* Recours aux ressources humaines locales, notamment dans les pays où l’UNESCO n’est pas représentée.

Par rapport à nos ambitions, le budget de l’UNESCO est bien modeste. Mais un réalisme pragmatique, dicté par la crise, doit inciter l’Organisation à mieux utiliser les ressources existantes, réduire les dépenses administratives, moderniser ses structures et devenir plus efficace et plus performante. L’action de programme devrait l’emporter clairement sur l’activité administrative.

Je salue la décision du Comité d’aide au développement de l’OCDE de relever le coefficient de l’APD de l’UNESCO de 25% à 44%, reflétant ainsi le rôle important de l’Organisation. Cela dit, j’estime qu’il faut atteindre 75% et je compte m’y employer.

L’UNESCO doit se concentrer sur un nombre réduit de priorités pour lesquelles sa compétence est universellement reconnue comme chef de file incontestable. Cela présuppose une consultation de toutes les parties concernées – une tâche complexe et laborieuse qui demande courage, résolution et patience.

Le financement des programmes par des ressources extrabudgétaires est encore un défi pour l’Organisation. Nous sommes témoins d’une augmentation des ressources extrabudgétaires et d’un déclin simultané des ressources du budget ordinaire. Il importe de trouver un équilibre entre ces deux composantes.

La politique de l’UNESCO pour le recouvrement des coûts doit lever la pression sur le budget ordinaire. Sans une telle politique, le budget ordinaire semble de plus en plus inefficace. C’est un défi que l’UNESCO doit relever en poursuivant l’harmonisation des pratiques au sein du système des Nations Unies.
Mon credo pour l’UNESCO : un nouvel humanisme

Dans mes activités futures, je serai intransigeante sur toute question relative au respect et à la dignité de chaque pays, grand ou petit, développé ou en développement, ainsi qu’au respect et à la dignité de chaque être humain.

Pour ma part, je serai entièrement disposée à travailler en étroite consultation avec les Etats membres, les ONG et la communauté intellectuelle en vue de rendre l’action de l’UNESCO plus cohérente, plus efficace, plus visible et plus conforme aux impératifs des priorités redéfinies. Nous devons tous créer une nouvelle synergie entre le Directeur général et les Etats membres sur la base d’une forte volonté politique visant à réformer l’Organisation.

Depuis des années, j’ai été engagée dans les efforts en faveur de l’égalité des sexes. Ayant participé aux trois grandes Conférences des Nations Unies pour la femme – à Copenhague (1980), à Nairobi(1985) et à Beijing(1995), je considère que l’égalité entre les sexes figure parmi les objectifs politiques et humanistes les plus importants de notre temps. Je serai fortement motivée de voir l’UNESCO redoubler ses efforts pour atteindre cet objectif.

Cette année nous célébrons le XXe anniversaire de la chute du mur de Berlin, qui a changé le monde entier et a libéré l’esprit de millions d’hommes et de femmes.
Mon rêve est de voir ce même esprit mener nos efforts ici à l’UNESCO vers des sociétés plus justes et plus prospères fondées sur le savoir, la tolérance et l’égalité des chances pour tous, grâce à l’éducation, la science, la culture et l’accès à l’information.

Mon concept d’un nouvel humanisme pour le XXIe siècle me guidera dans toute mon activité.

Irina BOKOVA
Directrice générale de l’UNESCO
15 novembre 2009

Bien à vous,
Morgane BRAVO

*Discours de Mme Irina Bokova : (français et anglais)*


Discours de la Directrice-générale de l’UNESCO, Irina Bokova, à l’occasion du 65e anniversaire de l’UNESCO

14 décembre 2010

Messieurs les anciens Directeurs généraux, Monsieur le Président de la Conférence générale, Madame la Présidente du Conseil exécutif, Excellences, Mesdames et Messieurs les Délégués permanents, Mesdames et Messieurs les Ambassadeurs de bonne volonté, Mesdames et Messieurs les Artistes pour la paix, Mesdames et Messieurs les Envoyés spéciaux, Mesdames et Messieurs les Membres du Secrétariat, Mesdames et Messieurs,

Bon anniversaire !

Je suis très heureuse de vous souhaiter la bienvenue pour le 65e anniversaire de l’adoption de l’Acte constitutif de l’UNESCO, en présence de trois anciens directeurs généraux, et des membres de toute « l’équipe UNESCO », les Ambassadeurs, les Artistes, les Envoyés spéciaux.

Je voudrais également saluer tous les membres du Secrétariat ici présents.
Vous êtes chacun le visage de notre passion commune, de notre engagement continu au service de nos idéaux, et je m’exprime aujourd’hui avec un sentiment de profond respect, et d’humilité.

Depuis 65 ans, l'UNESCO s'engage à élever les défenses de la paix dans l'esprit des hommes et des femmes, par la coopération internationale dans le domaine de l'éducation, des sciences, de la culture, de la communication et de l'information.

Notre histoire ne fut pas un long fleuve tranquille.
Je retiens cependant que l’UNESCO, portée par un idéal exprimé de façon nette et limpide, et par une action renouvelée chaque fois par des Directeurs généraux de grand talent, a toujours su traverser les épreuves, et s’adapter aux mutations du monde.

L’UNESCO a porté certaines des idées les plus novatrices de la gouvernance mondiale.
Notre Acte Constitutif a servi de socle pour la Déclaration universelle des droits de l’homme.

En 1968, l’UNESCO organisait la première conférence inter-gouvernementale pour réconcilier l’environnement et le développement, et poser les fondements de ce qu’on appelle aujourd’hui le « développement durable ».

Il a fallu plusieurs décennies de plaidoyer, de programmes pilotes de l’UNESCO pour convaincre du rôle de l’éducation comme levier de développement. Ce lien est aujourd’hui, largement partagé, et nous allons étendre cette idée aux domaines de la culture et de la science.

Cette histoire, notre histoire, nous laisse en héritage le devoir d’être ambitieux.
Le mandat de l'UNESCO place notre Organisation dans une situation idéale pour comprendre et faire face aux exigences de la gouvernance mondiale.

Cette position est une chance, qui nous crée aussi de lourdes responsabilités.
Les nations du monde prennent conscience que ce ne sont pas seulement les capitaux financiers ou les ressources naturelles qui façonneront l’avenir, mais aussi notre capacité à valoriser le capital humain, au service du développement durable.
C’est la qualité de l’éducation reçue qui va déterminer notre capacité commune à trouver ensemble des solutions à des problèmes planétaires.

Pour y parvenir, nous devons créer des sociétés du savoir pour les générations futures et donner à tous, hommes et femmes, les moyens réels d’en être parties prenantes.

Nous devons fortifier le dialogue mondial, créer des ponts entre les régions du monde, et nous appuyer sur tous ceux qui existent déjà, réels ou symboliques : les ressources aquifères, les sites culturels ou naturels partagés.
Nous devons en un mot mettre l'humain au centre du développement, ce qui est justement la raison d'être de l'UNESCO, et le sens de mon appel à un Nouvel Humanisme.

Ladies and Gentlemen,
Moving forward requires that we identify the channels and leverage points where change has a multiplying effect across other areas and for reaching for other goals.
As the first female Director-General of the Organization, I see gender equality as one such channel.
Gender equality is instrumental for quickening the pace of change. Equality and equity is a peace and development multiplier. Throughout the world, in so many ways that go unrecognized, women act as custodians of peace and development.
At UNESCO, we will do much more in the future to promote quality education for all, boys and girls, to maximize the role women can play in culture and in science.
I see also the importance of cross-cultural heritage sites and cross-border natural parks, along with the sharing of aquifer resources, as platforms where peace and sustainable development can be built for tomorrow.
These are bridges, just as cities and research centres. We must use them as strategic links in the chain of international solidarity. UNESCO has unique experience and skills to bring to these areas, and we must leverage it.
Responding better to conflicts and disasters is also vital. We are more aware today of the importance of education, science and culture in and after conflict and disaster situations.
DG/2010/142 - Page 3
UNESCO has unique experience to share here – in Pakistan, Afghanistan, and Haiti. Restoring the educational, scientific and cultural fabric of societies is vital for lasting development and reconciliation.
In all these fields, and in the hardest of circumstances, I am convinced we can do better and be stronger. Nehru spoke of UNESCO as the “conscience of humanity”. This ceremony is an opportunity for all of us to come together to restate our commitment to this ambition. This is also a source of strength.
UNESCO’s Constitution embodies an essential humanism that sixty five years after it was drafted remains a compass.
My message today, in times of increasing globalization, of greater connectivity and also of rising uncertainty, with new economic, financial and social challenges, is the call for a new humanism.
For me, a new humanism embodies both the culture of peace and the culture of human rights, including the freedoms of information and expression.
New humanism is about achieving the Millennium Development Goals -- the most humanistic agenda we have ever set.
It is about responding to climate change in ways that are sustainable in the future for the development of all.
It is about protecting and promoting cultural diversity, multilingualism and its relation to biodiversity.
It is about ensuring the rights of indigenous peoples and making the most of their expertise and wisdom.
New humanism points to what I see as the central question raised by globalisation today: how can we manage diversity at a time when our societies and our cities are becoming more complex and more diverse in all aspects?
In considering this question, my message is one of hope and of confidence.
DG/2010/142 - Page 4
UNESCO provides key answers to the questions we face today – questions about how to prevent the fragmentation of humanity and how to build real foundations for development and peace.
The world needs to believe in the power of peace. UNESCO – and all of us present – will and must continue to play this role to the full.
I will do everything that I can in this direction.

Thank you.

UNESCO

Bien à vous,
Morgane BRAVO

*Irina Bokova en appelle à un nouvel humanisme lors de la célébration du 65e anniversaire de l’UNESCO*

Le 14 décembre 2010, la Directrice générale de l'UNESCO Irina Bokova, entourée de ses trois prédécesseurs Amadou-Mahtar M’Bow (1974-1987), Federico Mayor (1987-1999) et Koïchiro Matsuura (1999-2009), a célébré le 65e anniversaire de l’adoption de l’Acte constitutif de l’UNESCO, signé à Londres le 16 novembre 1945.

La cérémonie, qui s’est déroulée au Siège de l’UNESCO, a réuni un grand nombre d’ambassadeurs de bonne volonté, d’envoyés spéciaux et d’artistes pour la paix de l’UNESCO, ainsi que de nombreux membres des délégations permanentes des États membres auprès de l’UNESCO.

Chacun des trois anciens directeurs généraux a prononcé un discours enthousiaste mettant en avant le rôle fondamental joué par l’UNESCO dans la promotion de la coopération internationale. La Directrice générale Irina Bokova a pour sa part estimé que cette cérémonie était un événement fort, qui offrait l’occasion de se rassembler et de réaffirmer avec détermination la volonté de faire mieux et d’agir plus résolument.

« Mon message aujourd’hui, en ces temps où la mondialisation et l’interdépendance s’amplifient mais où les nouveaux défis économiques, financiers et sociaux engendrent aussi une incertitude croissante, est un appel à instaurer un nouvel humanisme », a déclaré Irina Bokova.

« Le nouvel humanisme renvoie, à mon sens, au questionnement essentiel suscité par la mondialisation aujourd’hui : comment gérer la diversité à l’heure où nos sociétés et nos métropoles deviennent de plus en plus complexes et hétérogènes à bien des égards ? » a-t-elle poursuivi.

« Face à cette interrogation, mon message est un message d’espoir et de confiance. L’UNESCO apporte des réponses essentielles aux questions auxquelles nous sommes aujourd’hui confrontés – des questions qui portent sur les moyens d’empêcher l’atomisation de l’humanité ainsi que sur les moyens de construire des fondations solides pour le développement et la paix. Le monde a besoin de croire au pouvoir de la paix et nous tous ici allons et devons continuer à jouer pleinement notre rôle à cet égard » a-t-elle conclu.

UNESCO

Bien à vous,
Morgane BRAVO

*L’UNESCO célèbre son 65e anniversaire*

***« L’égalité entre les sexes contribue à accélérer le rythme du changement. L’égalité et l’équité ont un effet multiplicateur pour la paix et le développement. À travers le monde, et de tant de manières trop souvent méconnues, les femmes agissent en gardiennes de la paix et du développement.

L’UNESCO fera beaucoup plus, à l’avenir, pour promouvoir une éducation de qualité pour tous – garçons et filles – afin de maximiser la contribution que les femmes peuvent apporter dans les domaines de la culture et de la science », a déclaré la Directrice générale Irina Bokova lors de la cérémonie qui s’est tenue au Siège de l’Organisation le 14 décembre pour célébrer le 65e anniversaire de l’adoption de l’Acte constitutif de l’UNESCO.

UNESCO

Bien à vous,
Morgane BRAVO